La théorie des actes inexistants permet d'écarter le principe d'intangibilité des droits acquis au profit du strict respect de la légalité. La nullité « ab initio » qui s'attache à ces actes les soumet à une précarité permanente. Il en résulte un intérêt majeur pour les administrés et l'Etat de droit. En effet l'acte inexistant peut être déféré à la censure du juge administratif à tout moment, sans condition de délai. Car, à la différence des actes irréguliers qui, passé le délai du recours contentieux (deux mois), deviennent définitifs et les droits engendrés irrévocables, les actes inexistants ne deviennent jamais définitifs. C'est le principe posé par la Chambre Administrative dans l'arrêt du 30 Juillet 2003 en déclarant : « lorsqu'une décision d'une autorité administrative faisant grief est frappée d'inexistence, la demande d'annulation peutintervenir à tout moment ». L'inexistence opère de ce fait une stérilisation des délais ce qui présente un grand intérêt pour le plaideur mais aussi l'Administration qui peut à tout moment retirer un tel acte. Destinée à extirper de l'ordonnancement juridique les actes portant une atteinte très grave à la légalité et donc incompatible avec l'existence d'un Etat de droit, la notion de l'inexistence n'aura d'avenir plus ou moins assuré qu'en fonction de la capacité de l'Administration, à se conformer ou non au strict respect de la légalité dans la prise de toutes ses décisions. |