En outre la qualité des parties en cause, l'Administré face à l'Administration, de même que la nature des litiges examinés, ne paraissent pas de nature à susciter les grandes passions populaires constatées ailleurs.
Ce faisceau d'éléments incline naturellement le juge à une communication très « parcimonieuse » qui l'amène à privilégier la sérénité et la discrétion afin d'accomplir de manière efficiente ses délicates et contraignantes tâches
Pourtant, cette trop grande méconnaissance de la justice Administrative, aggravée notamment par l'absence de supports de publication et de diffusion appropriés, peut se révéler fort dommageable tant pour l'Administration que pour l'Administré.
Longtemps maîtresse absolue dans la prise et l'application de ses actes, l'Administration doit désormais les insérer dans le cadre tracé par la légalité. Or la profusion des textes, qui peuvent à l'occasion se contredire, édictés par l'Administration, peut l'amener, dans l'accomplissement de ses missions d'intérêt général, à léser des droits ou des intérêts des particuliers.
L'intervention de la Chambre Administrative de la Cour Suprême, chargée par ailleurs d'apprécier la conformité des actes de l'Administration à la légalité, afin d'expurger de l'ordonnancement juridique ceux pris ou appliqués en méconnaissance de la légalité, évite à l'Administration de tomber dans l'arbitraire et permet d'assurer la protection des droits et intérêts des Administrés.
Ainsi se trouve affirmée l'importance de la Justice Administrative qui se révèle tout autant comme un guide des parties, que comme un outil efficace de consolidation de l'Etat de droit dans lequel fonctionnent bien les instruments qui vérifient la soumission de l'Administration et Ses démembrements au droit.
Mais combien de nos concitoyens, le cercle des initiés exclus, savent qu'ils peuvent demander, dans des conditions et délais précis, à la Chambre Administrative de la Cour Suprême, l'annulation d'une décision administrative qu'ils estiment illégale ? Ne sont-ils pas plus nombreux ceux qui croient qu'ils ne peuvent pas avoir raison contre l'Administration ? La Chambre Administrative de la Cour Suprême a fait la preuve de sa nécessité par une jurisprudence florissante et stimulante au service des citoyens et du droit.
M. AMANGOUA Georges
Président de la Chambre Administrative de Côte d'Ivoire